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L'apocalypse financière surviendra-t-elle lundi?

Les marchés sont en haleine en attendant la tenue de l'élection en Grèce dimanche. Les experts craignent le pire, soit une crise financière internationale. Ils soulignent toutefois que plusieurs scénarios pourraient survenir.

Si le parti de gauche Syriza l'emporte et prépare une sortie de l'euro, le système financier international pourrait faire face à un véritable « Lehman moment », dit Carlos Leitao, économiste à la Banque Laurentienne. Le terme employé fait référence au désastre financier déclenché en 2008 après la faillite de la banque Lehman Brothers aux États-Unis.

Dans ce scénario, tous ceux ayant de l'argent dans les institutions financières grecques s'y précipiteraient afin de le retirer, créant une véritable ruée sur les banques. S'ensuivrait une vague de faillites bancaires.
« La ruée pourrait se transmettre aux autres économies en difficulté. À ce moment, le système financier international en ressentirait les contrecoups », dit Marco Lettieri, économiste à la Banque Nationale.
Le Canada ne serait pas épargné, écrit la Banque du Canada dans sa Revue du système financier publiée jeudi.

Les institutions financières du pays verraient « leurs coûts de financement augmenter et la valeur de leurs créances directes et indirectes sur les économies touchées diminuer davantage ». Elles essuieraient des pertes accrues sur leurs portefeuilles de prêts intérieurs et l'économie ralentirait.
Si les risques liés à la dette en Europe restent inchangés par rapport à décembre dernier, ils demeurent tout de même « très élevés », juge le Conseil de direction de la banque centrale.

Les banques centrales sur un pied d'alerte
Partout sur la planète, les banques centrales se préparent au pire. Elles se disent prêtes à injecter des liquidités si les mauvaises nouvelles plombent les marchés lundi matin.
L'ampleur de la réponse de la Banque centrale européenne (BCE) est cependant limitée.
« Les banques centrales prêtent de l'argent, mais seulement en échange d'un collatéral. Le problème est que les institutions financières grecques détiennent actuellement beaucoup de titres risqués. La BCE pourrait refuser de prêter contre ces titres », explique Carlos Leitao.

Boule de cristal embuée
Vendredi, déjà, les marchés s'affolaient en prévision de l'élection. « C'est absurde, lance Carlos Leitao. Les bourses grimpent en prédiction d'une situation tellement catastrophique que la BCE n'aura d'autre choix que d'arroser le marché de liquidités. »
Il est difficile pour l'instant de prédire si l'Europe se réveillera lundi avec un mal de tête mineur ou avec une migraine. Les sondages donnent les deux principaux partis coude à coude.
« Il se pourrait bien que personne n'emporte la majorité. Le gouvernement n'aurait alors pas de mandat clair pour sortir de la zone euro », dit M. Leitao. Le chaos pourrait cependant s'installer.
L'économiste croit que les menaces de sortie de l'euro du parti de gauche sont plutôt une manière de faire des pressions politiques pour renégocier les termes de l'entente avec l'Europe.

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